Un fraudeur a détourné près de 100 000 $ destinés à un courtier immobilier de Gatineau en prenant le contrôle de ses échanges de courriels avec sa notaire.
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«Je suis en crise, je ne sais pas quoi faire», a confié Pascal Langevin au Journal.
En novembre dernier, le courtier s’est rendu chez sa notaire pour signer les documents finaux concernant un prêt hypothécaire d’environ 93 000 $. Il a alors remis un chèque témoin, en précisant l’endroit où déposer les fonds.
Les semaines suivantes, l’argent n’est pas arrivé. Inquiet, Pascal Langevin a envoyé quatre courriels à sa notaire pour obtenir des nouvelles.
À chaque courriel, il recevait une réponse indiquant que la transaction n’était pas encore finalisée et qu’il fallait patienter quelques jours de plus.
«Je ne téléphonais pas parce que je la connais bien et que je n’avais pas envie de le faire. Je préférais laisser une trace par courriel pour montrer que j’avais fait un suivi. Mais je commençais à trouver que cela prenait beaucoup de temps », a déclaré le courtier.
Pascal Langevin ignorait alors que l’argent avait déjà disparu et qu’un fraudeur profitait de la situation.
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Comédie des erreurs
Pendant des semaines, le courtier et sa notaire, croyant s’écrire l’un à l’autre, correspondaient en réalité avec un ou des fraudeurs qui avaient réussi à prendre le contrôle de leurs échanges.
Au fil de leurs communications, le fraudeur a profité de la situation pour transmettre un nouveau chèque témoin à la notaire, lui demandant de verser les 93 000 $ sur un autre compte. Sans soupçonner la supercherie, elle a acquiescé à cette demande.
Le courtier n’a découvert la fraude que le 24 décembre, lorsqu’il a reçu un courriel authentique de sa notaire l’informant que les fonds avaient été transférés environ un mois plus tôt, mais sur un compte erroné.
«À part mon nom, tout le reste était faux. Mon adresse résidentielle était incorrecte, mon numéro de compte également, et même la banque était différente », s’est indigné le courtier.
Contactée par Le Journal, la notaire a confirmé ces faits.
Enquête en cours
Face à cette situation, M. Langevin et sa notaire ont signalé l’incident à la police, qui a ouvert une enquête en janvier.
Il n’est pas encore possible de déterminer l’origine de la faille de sécurité, a souligné le sergent Martin Fournel, du service de police de la MRC des Collines-de-l’Outaouais.
«Des démarches ont été entreprises […], et une piste est en cours d’investigation », a-t-il ajouté.
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