Si bien qu’un vaccin contra la fièvre Ebola existe désormais, ce n’est pas encore le cas pour la fièvre de Marburg. Cette fièvre hémorragique virale, de la même famille que celle d’Ebola, est principalement présente en Afrique et peut atteindre un taux de létalité de 88 %. Un vaccin est actuellement en développement et nécessiterait une seule dose, suivant un principe similaire à celui du vaccin contre Ebola.
L’Institut Pasteur de Dakar, au Sénégal, travaille activement à la mise au point de ce candidat vaccin, dans le cadre d’un transfert de technologie avec un laboratoire américain. Ce projet est considéré comme stratégique pour la souveraineté sanitaire du continent africain.
Dans les laboratoires immaculés du centre de recherche vaccinale de l’Institut Pasteur de Dakar, les chercheurs analysent de nouvelles cultures cellulaires. Le virus de Marburg pourrait bientôt être combattu par un vaccin finalisé sur le continent africain. Les premières étapes de la recherche ont été réalisées dans un laboratoire public américain, Public Health Vaccines, avant un transfert de compétences vers Dakar.
Le docteur Marie-Angélique Sène, à la tête du centre de recherche vaccinale, explique : « On nous envoie un procédé au niveau labo à petite échelle et nos équipes font en sorte de le développer à l’échelle industrielle. On a déjà franchi la plupart des étapes plus compliquées et on s’apprête à relancer les runs de bioréacteurs pour boucler ce développement de processus-là et entamer la préparation des phases 1 d’essais cliniques. »
À ce stade, il s’agit toujours d’un candidat vaccin. Le transfert officiel de technologie a eu lieu en décembre 2025, bien que la collaboration entre les deux équipes ait commencé plus tôt. « On n’a pas eu de chercheurs qui ont été envoyés là-bas. Ils nous ont envoyé tous les protocoles, les processus. On travaille ensemble, on leur partage les éléments qu’on a développés, on valide ensemble », précise le docteur.
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« Nous ne pouvons pas attendre que les outils soient développés par des laboratoires européens »
Il s’agit de la première collaboration de ce type pour un vaccin viral à l’Institut Pasteur de Dakar, qui bénéficie d’une expertise reconnue. L’institut est notamment producteur des vaccins contre la rougeole et la rubéole, et est également un centre collaborateur de l’OMS. Ndeye Marie Mba, responsable de la plateforme vaccinale basée sur les cellules, détaille : « L’idée, avec cette plateforme-là, c’est vraiment de pouvoir utiliser une même méthode pour produire les vaccins, et en un temps vraiment court. Ça nous permet, une fois qu’on a maîtrisé cette plateforme-là, de pouvoir switcher avec n’importe quel vaccin d’intérêt du moment. »
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La fièvre de Marburg touche actuellement une vingtaine de pays africains, notamment l’Éthiopie, la Tanzanie et la Guinée équatoriale. D’où l’importance de développer des solutions locales, comme le souligne le docteur Ibrahima Fall, administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar :
« Nous ne pouvons pas attendre que des maladies comme ça soient diagnostiquées par des laboratoires européens, ou que les outils soient développés par des laboratoires européens. Produire localement, c’est essential en termes de souveraineté sanitaire. Nous l’avons vu durant la pandémie, quand tout le système d’approvisionnement au niveau mondial était complètement à l’arrêt. En l’absence de production locale, il était difficile d’avoir accès à des vaccins. »
À terme, le vaccin serait produit au vaccinopôle de Diamniadio, en banlieue de Dakar. L’Institut Pasteur de Dakar promet un coût abordable.
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