La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Pyrénées-Orientales a signé ce jeudi un accord avec la préfecture afin de faciliter l’accès aux soins pour les salariés en insertion. Cette initiative permettra aux bénéficiaires de bénéficier d’un bilan de santé complet.
“J’ai consulté un médecin généraliste, un dentiste, et on m’a également demandé de passer des examens complémentaires”, se souvient Samia, employée par le réseau d’épiceries solidaires ANDES à Perpignan depuis juillet. Cette salariée de 50 ans a pu profiter de ce bilan de santé complet proposé par son employeur, un dispositif testé jusqu’à présent par plusieurs structures d’insertion du département en partenariat avec la CPAM. Désormais, ce programme est étendu à 40 établissements d’insertion des Pyrénées-Orientales.
Le dispositif offre aux salariés la possibilité de passer gratuitement une série d’examens médicaux, notamment “prise de sang, analyse d’urine, radiographies et consultation dentaire”, a précisé Patrick Pardo, président de la CPAM. Il s’agit d’un bilan de santé complet qui se déroule dans l’un des centres de la CPAM à Perpignan, au Boulou ou à Villefranche-de-Conflent.
Faciliter l’accès à l’emploi en levant les obstacles
La prise de rendez-vous est simplifiée. “Nous contactons directement le centre médical, explique Ladislas Hugon De Scoeux, directeur du chantier d’insertion ANDES, une association qui fournit des structures d’aide alimentaire et des épiceries solidaires. Un rendez-vous est généralement pris dans un délai d’environ deux semaines. Le salarié est accompagné et cette offre est proposée à tous les nouveaux arrivants. Sur les quarante personnes que nous accompagnons, toutes ont souhaité en bénéficier, ce qui témoigne d’un réel besoin.”
Ce programme est particulièrement précieux pour les populations vulnérables. “Nous accueillons des personnes qui arrivent en France et qui ne maîtrisent pas toujours la langue”, souligne Kevin O’Sullivan, directeur de Nouvelle Fabrique de Perpignan, une recyclerie qui accompagne une soixantaine de personnes en insertion. “Nous rencontrons également des Français qui, suite à des difficultés personnelles, se retrouvent éloignés du système de soins après avoir perdu leur médecin traitant. Cet accord devrait contribuer à lever certains obstacles qui entravent l’accès à l’emploi.”
“Je ne regrette absolument pas d’en avoir profité !”
C’est également l’objectif affiché par le préfet Pierre Regnault de La Mothe, dans le département qui affiche le taux de chômage le plus élevé de France métropolitaine (12%). “Les demandeurs d’emploi sont souvent confrontés à de multiples difficultés, notamment en matière de logement, de transport et de santé. Nous souhaitons lever cet ultime obstacle grâce à cet accord.”
Pour Samia, ce bilan de santé s’est avéré très bénéfique. “Le dentiste m’a informé que j’avais besoin de soins. Et ayant vécu dans la rue avant de trouver cet emploi, mon cœur avait souffert. Il était nécessaire de le faire examiner. Si je n’avais pas eu cette opportunité grâce à mon travail, je n’aurais probablement pas passé ces examens. Je recommande à tous mes collègues d’en profiter ! Je ne regrette absolument pas.”
Étienne, de son côté, partage le même sentiment. Ce salarié de 62 ans travaille chez ANDES depuis trois ans et a bénéficié du bilan de santé l’année dernière. “Grâce à ces examens, j’ai découvert que j’avais un problème cardiaque. Ils assurent ensuite un suivi régulier, ils nous appellent régulièrement pour s’assurer que nous avons pris nos rendez-vous de suivi. Auparavant, je reportais toujours ces soins.”
