Un cas clinique publié dans le Journal of Medical Case Reports relate l’histoire d’un homme âgé souffrant de hoquets incessants depuis des années. C’est lors d’une hospitalisation que les médecins ont découvert que ces hoquets étaient en réalité le symptôme d’une allergie traitable.
Un taux anormalement élevé d’éosinophiles
Le hoquet est une contraction involontaire du diaphragme, muscle situé à la base des poumons, produisant un son caractéristique. Bien que généralement bénin et passager, souvent déclenché par une alimentation rapide ou la consommation de boissons gazeuses, il peut devenir persistant et insupportable, signalant alors un problème de santé sous-jacent. C’était le cas de ce patient.
Selon le rapport médical, l’homme présentait des hoquets intermittents et imprévisibles depuis plus de deux ans. Il avait déjà tenté divers traitements, notamment du baclofène (un relaxant musculaire), de la chlorpromazine (un antipsychotique parfois utilisé pour les hoquets chroniques) et des inhibiteurs de la pompe à protons (pour le reflux gastro-œsophagien), sans succès. Son état s’est aggravé, avec des hoquets constants accompagnés d’une grande fatigue, l’amenant à consulter aux urgences.
Une analyse sanguine a révélé un taux anormalement élevé d’éosinophiles, des globules blancs souvent associés aux infections parasitaires, aux allergies et à l’asthme.
Une analyse de sang a révélé un taux anormalement élevé d’éosinophiles. © Chutipon Lakkaew, iStock
L’œsophagite à éosinophiles : une maladie qui se manifeste rarement par un hoquet chronique
Normalement, les éosinophiles représentent entre 1 et 4 % des globules blancs chez l’adulte. Or, cet homme en présentait 18 %, sans signe d’infection parasitaire. Des examens complémentaires ont révélé une œsophagite à éosinophiles (EoE), caractérisée par une accumulation excessive d’éosinophiles dans l’œsophage.
L’EoE se manifeste généralement par des difficultés à avaler, des brûlures d’estomac et une sensation de blocage alimentaire. Cependant, ce patient ne présentait aucun de ces symptômes, ce qui a compliqué le diagnostic. Les crises d’EoE peuvent être déclenchées par des allergènes alimentaires, mais la réaction est retardée par rapport aux allergies classiques.
Ce cas est le troisième documenté où l’EoE se manifeste par un hoquet. Il serait probablement causé par des impulsions anormales envoyées par les cellules de l’œsophage au nerf vague, qui communique avec le diaphragme.
Le hoquet a disparu grâce à des corticoïdes
Les causes exactes de l’EoE ne sont pas encore bien connues, bien que la génétique puisse jouer un rôle.
Heureusement, l’homme a pu être traité avec succès. Après une première tentative combinant un inhibiteur de la pompe à protons et du baclofène, avec un soulagement partiel, les médecins lui ont prescrit un corticothérapie topique, qui a permis de faire disparaître les hoquets et de réduire son taux d’éosinophiles.
Ce cas souligne que cette maladie rare peut se manifester de manière atypique. « L’œsophagite à éosinophiles doit être envisagée dans le diagnostic différentiel chez les patients présentant un hoquet chronique réfractaire, même en l’absence des symptômes typiques, et un traitement rapide par corticoïdes topiques doit être envisagé », ont conclu les médecins.
